« Les emprunteurs ad eternam ont encore frappé »

AVIS DE RECHERCHE

« Les emprunteurs ad eternam ont encore frappé »

9782021117707expo-58-jonathan-coe-L-U18x_1  1540-1

Depuis quelques mois, nous avons constaté une recrudescence des vols au sein de la librairie. Les « emprunteurs » se régalent la plupart du temps de nouveautés en grand format. Ainsi, les ruptures de stock que vous avez pu récemment constater concernant le titre En finir avec Eddy Bellegueule, ne sont pas dûes ni à une incompétence des fournisseurs ni à celle des libraires mais bel et bien à plusieurs vols répétitifs. Malgré notre vigileance, ces vols augmentent, et mettent l’avenir de la librairie Jonas en péril.

Depuis 1957, nous nous efforçons de subvenir à vos besoins, que ce soient des prescriptions scolaires, des bibliographies, ou tout simplement des lectures de plaisir. Au quotidien, nous tentons d’avoir le plus large choix possible d’ouvrages, récemment parus ou plus datés, de vous conseiller, de partager avec vous et d’animer ce quartier longtemps délaissé par les administrations culturelles.

La vocation de la librairie n’est pas seulement commerciale, sinon nous ne nous battrions pas pour tenir dans des temps économiques si difficiles. Sa vocation est aussi et surtout de faire partie intégrante du quartier, de vivre à son rythme, que ce soit en suivant les actions culturelles telles que Paris Polar ou les traditions telles que Le nouvel an chinois. Seulement, être la cible de vols répétés ne nous aide en rien. D’une part, parce que la crise économique et la crise actuelle des métiers du livre nous rend le travail de plus en plus dur, et ce chaque jour qui passe : ces vols créent des failles et des manques importants à l’économie de la librairie, que nous ne pouvons combler. D’autre part, parce que malgré nos efforts, malgré notre vigilance et malgré la relation de confiance que nous avons envers nos clients, certains profitent de ce climat pour « emprunter ad eternam » en toute impunité, et ce constat nous blesse avant de finir par nous tuer définitivement.

Nous prendrons donc les mesures nécessaires pour endiguer cette nouvelle habitude de consommation, et si nous devons revenir sur le principe de confiance et mettre en place une vidéosurveillance, nous le ferons.
Ces mesures, par ailleurs couteuses, sont pour nous le dernier recours que nous avons avant la fermeture de la librairie.

Nous espérons que cet avis de recherche vous alertera et nous permettra de nous mobiliser tous ensemble contre cette pratique injuste et lâche, et que les personnes concernées prendront conscience du danger qu’elles font courir à notre commerce ainsi qu’à ce quartier que nous aimons tant.

L’équipe de la librairie,

François, Audrey, Camille & Sabine.